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» L'hurluber.lu
Voir le profil de l'utilisateur Messages: 2228 Localisation: Perpignan
Jeu 02 Juin, 16 17:06, Répondre en citant
Salut à tous,
Cela fait bien trop longtemps que mes guêtres n'ont pas trainées ici... ce qui ne m'empêche pas de venir régulièrement vos images !
J'essaie pour ma part depuis quelques mois déjà d'accoler des mots à mes photos... et ça donne ce genre de choses :


Corriger des copies m’emmerde.




Pendant longtemps dans ce domaine, la musique, tel le morceau de sucre, aidait la médecine à couler.




Mais, récemment, voulant assurément me perdre dans la pensée, celle qui titille le neurone, celle à l’exact opposé du jaspinage de boncoin(1) qui m’est imposé en salle des profs, la musique a cédé sa place à la voix. Plus précisément aux voix : aux voix qui posent des questions, à celles qui y répondent.




Ainsi, suis-je tombé sur Michel Houellebecq s’entretenant avec Laure Adler en septembre 2005 lors de la sortie de son roman : « La possibilité d’une île ».




Cela ne m’a pas aidé à torcher plus rapidement mon paquet de copies. Bien au contraire.




Je dois avouer que je n’avais jusqu’à présent lu de Houellebecq que son « Extension du domaine de la lutte ». Livre emprunté peu après sa sortie dans la bibliothèque paternelle, dont je ne garde qu’un souvenir vaguement adolescent et vaguement masturbatoire.




Ne connaissant donc que peu - et de manière parcellaire - le bestiau, je fus dans un premier temps frappé par la temporalité rare(2) de l’interview.




Le Michel cherche ses mots : il questionne sa pensée avant que d’oralement la retranscrire. Dans un souci apparent de justesse. On sent le gonze qui n’a pas envie de dire de conneries. Et qui, d’ailleurs, n’en dit pas.

Cet entretien, à l’instar du rang de poireaux de notre Michel, est touffu.




Une de ses réflexions m’a plus particulièrement amené à tremper ma plume dans l’encre de sa matière grise.




Son accoucheuse lui demande s’il est raciste - réputation qui lui colle au train depuis ses premiers succès littéraires.




Sa réponse fut pour moi une douce révélation qui traduit ce que confusément je crois avoir toujours ressenti, sans être capable de l’énoncer aussi clairement.

Je crains qu’il ne s’agisse d’une pensée fort répandue chez nombre d’esprits plus éclairés que le mien. Chez ceux capables de tenir la dragée haute à Saint Julien Lepers et à Samuel Étienne son disciple.

Cependant j’ose croire qu’elle mérite que l’on s’y attarde.




En gros, et j’espère ne pas trahir ses propos, Houellebecq constate que chaque individu est constitué d’une somme infinie de choses. De par sa sempiternelle confrontation à l’autre, chacun est capable d’intuitivement ressentir cela.

Une somme infinie que Houellebecq place au niveau du génome et qui fait de nous des êtres uniques et donc prodigieusement différents du voisin.
Une somme de différences qui ne peut laisser totalement de marbre le mathématicien qui parfois peut ressurgir en moi.

La notion de race, qu’il réduit lui à une oiseuse histoire de « couleur de peau », n’est donc qu’un insignifiant terme de la susdite somme. Une donnée pas plus grande qu’un poil de nez d’un des nombreux morpions pris au piège de la toison pubienne de Passe-Partout.




Être raciste reviendrait donc à hiérarchiser ses contemporains suivant ce point de détail(3). Ce qui, convenons-en, ne laisse présager rien de bon quant aux capacités intellectuelles de l’individu qui s’adonne à ce type de classement.

Houellebecq balaie ainsi d’un revers de main aux doigts teintés de nicotine cette notion. Laissant cela aux adorateurs de Cyril Hanouna et/ou de Jeanne d’Arc(4).




Mais n’est-ce pas un tantinet risqué de ne voir cet ensemble de différences que sous le seul angle de la génétique(5) ?

L’être humain ne peut se résumer à une somme de gènes. Il est aussi une somme de plaisirs(6).

Comment nier l’existence d’autres facteurs dans la construction d’un individu ?

Facteurs qui, eux aussi, contribuent à créer l’infinie diversité de nos semblables.




Facteurs qui, heureusement, n’empêchent pas l’amour de son « inalter ego »… (7)




Même si cet amour est sans doute compliqué à accepter pour Houellebecq...



1 : Site de vente entre particuliers découvert tout récemment par notre ami à talonnettes et à karcher.
2 : Comme un 7-10 split au bowling.
3 : Comme éructerait notre « ami » borgne.
4 : Et hop, d’une pierre, d’un Emmanuel et d’un Jean-Marie, deux coups !
5 : Et ce, même s’il s’agit du sujet du bouquin sorti peu avant cette interview.
6 : Et pourtant, là où il y a de la gêne…
7 : À moins évidemment qu’icelui ne soit la plus belle des ordures ou, pire encore, un ancien de la promotion Voltaire.

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Voir le profil de l'utilisateur Messages: 1575 Localisation: Lyon
Jeu 02 Juin, 16 22:05, Répondre en citant
Salut Mr Berlu,

Ton univers est toujours aussi barré, ce qui fait son charme.

Dis donc, vous avez mis la/le 4eme en route? Wink
 
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